Consommer, un vrai Pouvoir ?

Nous avons du pouvoir ! Mais savons-nous l’exercer ?

Nous mettons un bulletin de vote – avec de moins en moins de convictions d’ailleurs – dans les urnes quand des épisodes électifs se présentent. Nous suivons des discours de campagne destinés à nous convaincre des bonnes idées des uns et des autres puis quelques heureux élus deviennent sourds en se drapant dans la légitimité démocratique.

Il nous reste pourtant quelques bribes de pouvoir. Et qui ne sont pas sans rapports avec le fonctionnement démocratique.

Nous allons faire des courses bien sûr. Une ou plusieurs fois par semaine. Pour notre nourriture, nos soins, nos vêtements, nos loisirs et tous nos petits plaisirs s’il reste assez de sous pour cela. Ces actes, quasi quotidiens, représentent des opportunités de plus en plus fortes pour exprimer nos valeurs et nos convictions.

Il est vrai que tant que nous sommes en activité, faire les courses, c’est souvent « faire la course ». Nous parcourons les rayons des supermarchés et remplissons nos caddies selon ce que nous présente le linéaire de plus accessible ou de plus attrayant. C’est un jeu que la grande distribution maîtrise au millimètre près. Or nous avons la possibilité de jouer à ce jeu là et d’y gagner de plus en plus souvent. Nous sommes moins bousculés par le temps que les jeunes générations. Nous avons le temps de nous informer et de choisir avec nos critères de valeurs et de convictions. Proximité, composition, éthique, écologie, bio sont parmi les repères les plus connus.

S’informer sur les produits, nous sommes de plus en plus nombreux à le faire. Vous avez certainement remarqué ces personnes, dans les travées de supermarché, qui prennent le temps de déchiffrer le maquis des étiquettes et pas seulement celui des prix. Bien entendu ce n’est pas toujours facile, les producteurs étant souvent aux confins de la réglementation quand ce n’est pas de la légalité pour brouiller les pistes. Il nous faut donc être attentifs et vigilants et repérer les produits qui nous conviennent en fonction de ce que nous croyons bon pour notre santé ou nos valeurs.

Ce sont ces dizaines de milliers de gestes, de vigilances et de choix qui amèneront, il faut l’espérer, les producteurs et ceux qui distribuent, à offrir plus d’informations fiables et de la confiance au consommateur que nous sommes. C’est notre pouvoir et aussi notre responsabilité dans le rôle du destinataire final des produits et services.

Quel rapport avec le pouvoir que nous évoquions au début de cet article ? Vous aurez certainement remarqué que les principaux problèmes de nos gouvernants sont économiques ?

Notre vigilance citoyenne qui se traduit dans nos choix de consommateurs-trices n’est pas sans poids. Nos choix, de par leur nombre, envoient des signaux au politique à travers la filière économique de production-distribution.

On peut ne pas trop y croire. C’est l’éternel problème du fatalisme individuel. Pensez-vous que j’y changerai quelque chose ? Ou même « après moi le déluge » ; c’est toujours sympa pour nos petits-enfants !

On peut aussi penser à la théorie du battement d’ailes du papillon qui déclenchera peut-être une tempête de bonne conscience de l’autre côté de la planète.

On peut enfin faire le pari de Pascal. Ça ne mange pas de pain mais sait-on jamais …

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *