La place du patient dans le systÚme de santé

Quelle est la place du patient dans notre systÚme de santé ?

Depuis des mois il n’y a plus de revue de presse ou reportage TV sans que l’on crie au loup sur les problĂšmes liĂ©s Ă  notre systĂšme de santĂ©. Urgences dĂ©bordĂ©es, HĂŽpitaux en dĂ©route, trou de la SĂ©curitĂ© Sociale, infirmiĂšres en burn-out, rĂ©forme du systĂšme, mutuelles qui augmentent leurs cotisations, toutes les institutions semblent mal en point. Et moi, et moi et moi 
 comme le chanterait notre Dutronc ?  Il a bien raison commençons par l’autre bout, le patient, vous, moi, les autres 
et mettons les vrais mots en face des choses !

Parlons-nous d’un systĂšme de santĂ© ou d’un systĂšme de soins ?

Les mots ont un sens. Disons, pour « remettre le clocher au milieu du village », que tous les problĂšmes mentionnĂ©s plus haut relĂšvent d’un systĂšme de soins. Avons-nous le pouvoir de rĂ©soudre ce problĂšme ? Peu probable ! Pas assez d’informations objectives sur ce qui se trame dans les arcanes du systĂšme et leurs obscures luttes d’influences contradictoires et conflictuelles.  Mais, in fine, ne sommes-nous pas l’enjeu, voire l’otage, de ce systĂšme ? Soit, mais rien ne nous interdit, en revanche, de nous poser les bonnes questions sur le sujet qui nous concerne au plus prĂšs, ma santĂ© Ă  moi, celle de mes proches 


Quels sont les facteurs qui comptent pour ma santé ?

 Selon le Pr. Olli CARPEN au sein de la Biobanque du Science Park en Finlande les voici :

  • Nos modes de vie : 40%
  • Notre gĂ©nĂ©tique : 30%
  • La qualitĂ© du lien social : 15%
  • Exposition environnementale : 5%
  • SystĂšme de soins : 5%
  • AlĂ©as et accidents : 5%

Le systĂšme de soins ne reprĂ©sente donc que 5% des facteurs qui influencent notre santĂ© ? AprĂšs un exercice d’arithmĂ©tique de base, force est de conclure que largement plus de la moitiĂ© des facteurs sont en notre pouvoir. Modes de vie, alimentation, tabac, exercice, sport, rĂ©seau social et l’épigĂ©nĂ©tique* sont trĂšs loin devant le systĂšme de soins.

Rester en bonne forme et santé le plus longtemps possible ?

D’abord, arrĂȘtons de donner prise Ă  la peur suscitĂ©e par des informations sur le systĂšme de soins. Stress inutile et toxique pour la santé ! Nous avons, « individuellement », une influence dĂ©cisive pour notre santĂ©. Sommes-nous assez nombreux dans le monde pour nous en rendre compte et nous mettre sur la voie d’un changement en notre faveur et celui de nos petits-enfants ? Il semblerait que c’est possible quand on constate l’engouement, un peu partout, pour l’exercice ou l’alimentation bio. Serait-ce Ă  (long) terme une des solutions pour rĂ©tablir la bonne santĂ© de notre systĂšme de soins ? Rien n’est moins sĂ»r tant la logique du systĂšme est pervertie. Mais la rĂ©flexion est ouverte !

Participez Ă  cette discussion.

*L’épigĂ©nĂ©tique est l’expression de nos gĂšnes selon leur exposition Ă  l’environnement. Donc dĂ©pendant, en partie, de nos choix de vie.

YUKA, les jeunes générations défient la grande distribution, YOUPI !

YOUPI ! YUKA ! les jeunes générations osent les contre-pouvoirs !

Depuis 2007 une appli gratuite, YUKA, fait fureur dans les allĂ©es des supermarchĂ©s et chez les distributeurs de cosmĂ©tiques. Il y a aujourd’hui prĂšs de 6 millions d’abonnĂ©-e-s Ă  cette application sur smartphone dont le logo est une carotte. CrĂ©Ă©e par une tribu de 7 jeunes, ils osent se mesurer Ă  la grande distribution et aux filiĂšres alimentaires et cosmĂ©tiques. Un contre-pouvoir dans l’air du temps comme le Nutriscore, une signalĂ©tique simplifiĂ©e en 5 couleurs. Bravo, les nouvelles gĂ©nĂ©rations !

Je scanne donc je sais ce que j’achùte !

Un principe simple. Avec YUKA vous scannez le code barre du produit et le rĂ©sultat apparaĂźt : composition, une note sur 100 et 4 niveaux d’apprĂ©ciation. Dans certains cas de mĂ©diocritĂ© YUKA propose un produit alternatif. Vous ĂȘtes prĂ©venus, maintenant Ă  vous de dĂ©cider !

YUKA peut-il rester indépendant ?

C’est la question que tout le monde se pose. Pour le moment l’équipe YUKA se rĂ©clame Ă  l’abri de toutes les tentations. La pression de la filiĂšre alimentaire est forte au point de provoquer les contre-feux de certains acteurs de la grande distribution ou d’industries sous forme d’applications concurrentes Ă  YUKA. Ou d’autres propositions pour occuper le terrain. Pour financer son indĂ©pendance YUKA lance des services de conseils en alimentation payants. Mais aussi un blog de discussion gratuit.

Ils ont fait bouger les choses !

C’est essentiel et c’est beaucoup. Une technologie, une application numĂ©rique et l’énergie d’une petite Ă©quipe font bouger les lignes en agissant dans le sens de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et du grand dĂ©bat sur l’alimentation. Il suffit parfois d’une bonne idĂ©e et d’une grande dose d’audace, au bon moment, pour rĂ©veiller trĂšs rapidement une industrie qui faisait croire que ses solutions n’avaient pas d’alternatives.

D’autres initiatives existent et prennent de l’ampleur dans l’alimentaire basĂ©es sur la mobilisation et la contribution des citoyens et des consommateurs et dont nous reparlerons :

https://lamarqueduconsommateur.com

https://fr.openfoodfacts.org

Vous aussi, faites connaitre  ces initiatives autour de vous !

RĂ©agissez Ă  la discussion sur ce blog

 

Tables d’HĂŽtes NumĂ©riques kĂ©sako ?

Les Tables d’HĂŽtes NumĂ©riques existent depuis plus de 7 annĂ©es. Rendez-vous entre seniors chaque vendredi aprĂšs-midi de 14h Ă  16h, elles ont permis Ă  de nombreux seniors de se familiariser avec ces nouveaux appareils que sont les tablettes, PC et smartphones.

Mais les terminaux numériques ont beaucoup et rapidement évolué et grùce à cela les seniors sont de plus en plus habitués à ces outils.

Les Tables d’HĂŽtes NumĂ©riques vont Ă©voluer en douceur !

Lieu et horaires restent les mĂȘmes. Le concept d’origine est inchangé : il s’agit d’échanger les bonnes pratiques entre utilisateurs. C’est le contenu qui changera. Les rendez-vous s’orienteront de plus en plus vers les usages que nous faisons de nos appareils. En effet nombre de nos activitĂ©s et gestes quotidiens passent dorĂ©navant par le numĂ©rique.

SantĂ©, administration, communication, courses et consommation, loisirs, culture, information, formation, bricolage, cuisine et plein d’autres domaines de notre vie sont concernĂ©s partiellement ou totalement par la pratique numĂ©rique.

Chaque sĂ©ance traitera donc principalement d’un de ces thĂšmes et ces derniers pourront ĂȘtre choisis par les participants eux-mĂȘmes.

Il ne sera donc plus forcĂ©ment indispensable d’y venir avec vos appareils, une feuille de papier et un crayon suffiront mĂȘme si un smartphone ou une tablette y aura toujours sa place. Les animateurs proposeront une prĂ©sentation qui correspondra au thĂšme retenu. Puis ce sera l’échange entre participants dans la bonne humeur et la convivialitĂ© habituelles.

Venez nombreux pour participer à ces échanges et proposez-nous vos idées pour les prochaines séances.

Vous voulez voir comment ça se passe ? Regardez cette vidéo 

 

Génération Pivot ?

GÉNÉRATION PIVOT ?

Le pivot c’est la base, le soutien essentiel, ce sur quoi tout repose


La gĂ©nĂ©ration Pivot c’est NOUS !

C’est nous, la gĂ©nĂ©ration des retraitĂ©-e-s qui cohabitons aujourd’hui avec nos enfants et petits-enfants mais aussi Ă  l’autre bout des Ăąges – merci la longĂ©vitĂ© – avec nos parents.

Quatre gĂ©nĂ©rations en prĂ©sence, ce n’est plus trĂšs rare. Pour la nĂŽtre, celle des retraitĂ©s c’est une chance mais aussi des responsabilitĂ©s nouvelles et multiples.

Si nous savons peu ou prou comment aider nos descendants, nous sommes peu nombreux Ă  ĂȘtre prĂ©parĂ©s Ă  rĂ©soudre les problĂšmes de perte d’autonomie de nos ascendants, de nos collatĂ©raux
 ou de nous-mĂȘme !

Les obstacles sont variĂ©s et les solutions d’autant plus difficiles Ă  trouver que la raison est mise Ă  mal par l’affect ! Le nĂŽtre et celui frĂ©quemment perturbĂ© de la personne en perte d’autonomie qui compliquent la prise de dĂ©cision
 qui finalement ne peut ĂȘtre qu’un compromis !

Personne ne souhaite envisager le pire
 mais le mieux, pour la sĂ©rĂ©nitĂ© de tout le monde, est de l’anticiper et d’en parler. Les volontĂ©s de l’intĂ©ressĂ©, Ă©crites en toute possession de ses moyens, seront alors plus facilement respectĂ©es.

De multiples dispositifs administratifs et mĂ©dico-sociaux existent. Nous sommes mĂȘme des sortes de champions en France. Les organismes appelĂ©s Ă  nous aider dans ces situations sont multiples, 
 et Ă©parpillĂ©s. Pas toujours d’un accĂšs aisĂ© pour celles et ceux qui ne sont pas familiarisĂ©s avec les arcanes de ce monde-lĂ . Cerise sur le gĂąteau, le jour oĂč nous en avons besoin, c’est souvent urgent, trĂšs urgent !

Notre but avec la rubrique “GĂ©nĂ©ration Pivot” est de faciliter la prise de dĂ©cisions devant la perte d’autonomie, prĂ©sente ou future 
 y compris la nĂŽtre !

La rubrique “GĂ©nĂ©ration Pivot” traitera sans tabou de sujets en lien avec la perte d’autonomie. Le handicap, les dispositions prises ou Ă  prendre sur des questions telles que la dĂ©signation d’une personne de confiance, des procurations pour une gestion de la vie quotidienne, des assurances, l’expression ou le non-dit de ce qui est jugĂ© comme acceptable en cas de problĂšmes d’autonomie comme le maintien et les soins Ă  domicile, le sĂ©jour en maison de retraite, et tous les aspects de ressources et juridiques que cela peut faire apparaĂźtre.

La rubrique « GĂ©nĂ©ration Pivot » doit s’enrichir d’un certain nombre de liens, de documents tĂ©lĂ©chargeables, de conseils vĂ©cus, et d’idĂ©es qui aideront Ă  rĂ©flĂ©chir calmement Ă  ces questions. Et comme nous sommes aujourd’hui la gĂ©nĂ©ration 2.0, cela veut dire que vous qui lisez ces lignes vous pouvez grĂące Ă  ce blog, partager vos expĂ©riences, vos tĂ©moignages et mĂȘme vos conseils avec d’autres internautes Ă  la recherche d’informations. Ne les gardez pas pour vous, partagez les pour les valoriser ! Et peut-ĂȘtre nouer des relations et dĂ©couvrir des rĂ©seaux de solidaritĂ©

Liens Ă  cliquer

 

Une Ă©conomie du partage

L’économie du Partage, plus humaine ?

L’économie du partage se retrouve dans les nouveaux modes de consommation. Parmi les plus emblĂ©matiques BlaBlaCar pour le transport et AirBnB pour les locations de chambres entre particuliers. Nombre d’autres naissent tous les jours et parfois dans des domaines inattendus. Ces nouveaux modes de consommation intĂ©ressent les seniors. Pourquoi ? Ils redonnent Ă  un Ă©change de services ou de produit le contenu humain que la transaction monĂ©tisĂ©e a fini par faire disparaitre dans la plupart des cas. Nous avons tous besoin de cette dimension d’échange social et surtout au moment de la retraite, quand nous pouvons ĂȘtre confrontĂ©s Ă  un manque relationnel. Dans certaines situations l’économie du partage peut aussi devenir un complĂ©ment sympathique de revenu qui peut lui ĂȘtre trĂšs utile.

Et si l’économie du partage Ă©tait bien plus ancienne que nous le pensons ?

Les coopĂ©ratives par exemple en agriculture existent depuis trĂšs longtemps et si nous habitons un appartement nous partageons un toit et des structures communes 
 donc partagĂ©s. A bien y rĂ©flĂ©chir nous partageons dĂ©jĂ  beaucoup de choses ; toutes les infrastructures communes, routes, Ă©clairages publics, rĂ©seaux de transport, services publics relĂšvent quelque part du partage. MĂȘme si ce partage est organisĂ© et institutionnalsĂ©. Alors qu’est-ce qui est si nouveau et nous fait croire Ă  une rĂ©volution ?

Le simple basculement dans le partage de ce que nous considĂ©rions comme un bien individuel, Ă  usage individuel, ou rĂ©servĂ© Ă  nos proches : notre habitat, notre auto, notre tondeuse, notre boĂźte Ă  outils et plus encore ? L’industrialisation productiviste telle que nous la vivons nous a amenĂ© Ă  croire que la valeur rĂ©sidait dans la propriĂ©tĂ© individuelle et dans un usage quasi exclusif. Cela correspondait aux intĂ©rĂȘts bien compris de qui dĂ©tenait le pouvoir de faire prospĂ©rer les affaires, la banque et l’industrie.

Aujourd’hui, Ă  travers une effervescence induite par l’incroyable puissance d’échange et de diffusion du rĂ©seau numĂ©rique, nous voyons Ă©merger la conscience que d’autres choix de vie sont possibles. Nous dĂ©couvrons peu Ă  peu la culture et l’ouverture que nous procure le partage de produits et de services. Si BlaBlaCar et AirBnB sont si rĂ©putĂ©s, c’est sans doute parce qu’ils illustrent parfaitement bien ce phĂ©nomĂšne.

Bien entendu il faut ĂȘtre lucide et vigilant. Les plates-formes numĂ©riques qui gĂšrent ces Ă©changes ne sont pas Ă  l’abri et sont parfois tenter de faire renaĂźtre des formes de domination Ă©conomique.

Mais c’est Ă  nous, citoyens, retraitĂ©s, jeunes, Ă©tudiants, chĂŽmeurs, actifs, de veiller Ă  reconstruire nos vies autour des valeurs induites par l’échange, l’usage partagĂ©, les transmissions de savoirs, la solidaritĂ© et dans une proximitĂ© Ă  la fois gĂ©ographique et humaniste. Plus les initiatives Ă©mergeront dans cet esprit et plus la conscience collective reviendra vers la recherche d’une vie basĂ©e sur le bien commun et les valeurs du partage.

Et vous, quel est votre avis ?

 

Assurances ou Mutuelles Santé Senior ?

Assurances ou Mutuelles Santé ?

L’assurance santĂ© est un vrai sujet pour les retraitĂ©s ! Si certaines professions sont relativement privilĂ©giĂ©es, leur employeur assurant une forme de continuitĂ© dans ce domaine, ce n’est malheureusement pas le cas de tout le monde. Loin de lĂ .

La bataille que se livrent les complĂ©mentaires santĂ© entre elles gĂ©nĂšre pour le grand public une surenchĂšre de chiffres et d’arguments. HĂ©las nous sommes peu nombreux Ă  ĂȘtre habituĂ©s Ă  la gymnastique des taux, des tarifs, des conventions, des dĂ©passements et autres peurs agitĂ©es par les assureurs qui cherchent Ă  nous sĂ©duire.

Ne nous faisons pas trop d’illusions, cette confusion n’a pas pour but de nous Ă©clairer. Bien au contraire elle rend difficile voire impossible pour les non initiĂ©s de juger et choisir en parfaite connaissance de cause.

Internet a sans doute participĂ© Ă  la confusion gĂ©nĂ©rale en introduisant les sites qui proposent ce que l’on appelle des comparateurs de tarifs. Sauf que certains de ces comparateurs sont manƓuvrĂ©s en coulisse par les assurances elles-mĂȘmes et dirigent donc habilement le candidat vers ses propres services.

Enfin se rajoute Ă  ce brouillard le dĂ©sengagement de l’assurance maladie obligatoire sur le remboursement de certains soins, traitements ou mĂ©dicaments, laissant le soin aux complĂ©mentaires – c’est Ă  dire au secteur privĂ© dans la majoritĂ© des cas – d’assurer le complĂ©ment moyennant des augmentations de cotisations faramineuses. Certaines, et non les moindres, ont doublĂ© leurs cotisations en deux ans alors que les prestations se sont dĂ©gradĂ©es sur la mĂȘme pĂ©riode.

Pour couronner le tout certaines d’entre elles parmi les plus notoires, affichent la volontĂ© d’intĂ©grer des services en crĂ©ant des rĂ©seaux de soins ou de prestataires. Douces pressions au dĂ©part et arguments qui finiront par nous priver de la libertĂ© de choix du praticien dans un avenir proche.

Que pouvons nous faire pour y remĂ©dier ? D’abord ĂȘtre conscients de cette Ă©volution, et cela veut dire mieux informĂ©s.

Comment ?

Nous proposons d’ouvrir un fil d’informations Ă  ce sujet sur ce blog. Des informations que nous allons chercher de notre cĂŽtĂ© et mettre Ă  votre disposition bien sĂ»r, mais aussi des informations et des expĂ©riences que vous, internautes concernĂ©s par ce sujet, pouvez nous apporter. Et que nous avons la possibilitĂ© de publier avec votre accord. Nous avons Ă  notre disposition la force d’un rĂ©seau, internet, qui nous permet aujourd’hui de devenir acteur et contre-pouvoir en face de la puissance que reprĂ©sentent les assurances de plus en plus concentrĂ©es. Soit nous baissons les bras soit nous nous saisissons de ce pouvoir pour contribuer Ă  une rĂ©gulation plus Ă©quitable entre ces organismes et nous.

Cette rubrique vous est donc ouverte pour diffuser vos opinions et vos témoignages et pour que nos opinions puissent peser dans ce qui est un des grands sujets pour notre systÚme de soins à la retraite.

Cliquez ICI pour participer

 

Consommer, un vrai Pouvoir ?

Nous avons du pouvoir ! Mais savons-nous l’exercer ?

Nous mettons un bulletin de vote – avec de moins en moins de convictions d’ailleurs – dans les urnes quand des Ă©pisodes Ă©lectifs se prĂ©sentent. Nous suivons des discours de campagne destinĂ©s Ă  nous convaincre des bonnes idĂ©es des uns et des autres puis quelques heureux Ă©lus deviennent sourds en se drapant dans la lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique.

Il nous reste pourtant quelques bribes de pouvoir. Et qui ne sont pas sans rapports avec le fonctionnement démocratique.

Nous allons faire des courses bien sĂ»r. Une ou plusieurs fois par semaine. Pour notre nourriture, nos soins, nos vĂȘtements, nos loisirs et tous nos petits plaisirs s’il reste assez de sous pour cela. Ces actes, quasi quotidiens, reprĂ©sentent des opportunitĂ©s de plus en plus fortes pour exprimer nos valeurs et nos convictions.

Il est vrai que tant que nous sommes en activitĂ©, faire les courses, c’est souvent « faire la course ». Nous parcourons les rayons des supermarchĂ©s et remplissons nos caddies selon ce que nous prĂ©sente le linĂ©aire de plus accessible ou de plus attrayant. C’est un jeu que la grande distribution maĂźtrise au millimĂštre prĂšs. Or nous avons la possibilitĂ© de jouer Ă  ce jeu lĂ  et d’y gagner de plus en plus souvent. Nous sommes moins bousculĂ©s par le temps que les jeunes gĂ©nĂ©rations. Nous avons le temps de nous informer et de choisir avec nos critĂšres de valeurs et de convictions. ProximitĂ©, composition, Ă©thique, Ă©cologie, bio sont parmi les repĂšres les plus connus.

S’informer sur les produits, nous sommes de plus en plus nombreux Ă  le faire. Vous avez certainement remarquĂ© ces personnes, dans les travĂ©es de supermarchĂ©, qui prennent le temps de dĂ©chiffrer le maquis des Ă©tiquettes et pas seulement celui des prix. Bien entendu ce n’est pas toujours facile, les producteurs Ă©tant souvent aux confins de la rĂ©glementation quand ce n’est pas de la lĂ©galitĂ© pour brouiller les pistes. Il nous faut donc ĂȘtre attentifs et vigilants et repĂ©rer les produits qui nous conviennent en fonction de ce que nous croyons bon pour notre santĂ© ou nos valeurs.

Ce sont ces dizaines de milliers de gestes, de vigilances et de choix qui amĂšneront, il faut l’espĂ©rer, les producteurs et ceux qui distribuent, Ă  offrir plus d’informations fiables et de la confiance au consommateur que nous sommes. C’est notre pouvoir et aussi notre responsabilitĂ© dans le rĂŽle du destinataire final des produits et services.

Quel rapport avec le pouvoir que nous évoquions au début de cet article ? Vous aurez certainement remarqué que les principaux problÚmes de nos gouvernants sont économiques ?

Notre vigilance citoyenne qui se traduit dans nos choix de consommateurs-trices n’est pas sans poids. Nos choix, de par leur nombre, envoient des signaux au politique Ă  travers la filiĂšre Ă©conomique de production-distribution.

On peut ne pas trop y croire. C’est l’éternel problĂšme du fatalisme individuel. Pensez-vous que j’y changerai quelque chose ? Ou mĂȘme « aprĂšs moi le dĂ©luge » ; c’est toujours sympa pour nos petits-enfants !

On peut aussi penser Ă  la thĂ©orie du battement d’ailes du papillon qui dĂ©clenchera peut-ĂȘtre une tempĂȘte de bonne conscience de l’autre cĂŽtĂ© de la planĂšte.

On peut enfin faire le pari de Pascal. Ça ne mange pas de pain mais sait-on jamais