Numérisation, destination inconnue !

Numérisation, destination inconnue ?

 Nous sommes en train de migrer Ă  toute vitesse vers une nouvelle Ă©tape de l’humanitĂ©. Et nous ne connaissons Ă  peu prĂšs rien de notre nouvelle destination. Sans doute n’aura-t-elle plus rien d’une Ă©tape stable dans le temps tant nous entrons dans un monde complexe et dans un flux de transformations rapides et imprĂ©visibles.

Nous avançons en tĂątonnant, constatant les changements au fur et Ă  mesure, tels qu’ils surviennent. Ces transformations ne semblent pas s’inspirer d’une direction connue ou d’une volontĂ© Ă©manant d’une autoritĂ© extĂ©rieure. Ils ne semblent pas non plus basĂ©s sur une idĂ©ologie. Nous ne pouvons que constater qu’apparaissent de nouvelles procĂ©dures et des changements en rupture avec nos modes de vie et de pensĂ©e prĂ©cĂ©dents. Nous avons l’impression de perdre la maitrise de notre futur proche. Le moyen ou long terme nous Ă©chappent totalement.

Le commerce en ligne, Amazon, les recherches Google, les manifs de protestation « spontanĂ©es » sur les Champs-ÉlysĂ©es, Ă  Hong-Kong et ailleurs, les dĂ©filĂ©s climat, la communication instantanĂ©e par sms, la vidĂ©ophonie, les mails, Blablacar, le Boncoin, l’affaiblissement notoire des partis politiques classiques, des syndicats, les banques en ligne, la numĂ©risation des administrations, Facebook et ses abonnĂ©s, WikipĂ©dia, Instagram, les liseuses, le financement participatif des projets et entreprises, le Big Data, tout cela a envahi nos vies de tous les jours Ă  une vitesse stupĂ©fiante.

Mais les phĂ©nomĂšnes les plus invasifs de nos modes de vie et de notre culture restent Ă  venir et nous surprendront encore plus : la santĂ©, l’éducation, la culture, les manipulations gĂ©nĂ©tiques, l’utilisation de nos donnĂ©es Ă  des fins sociales et politiques, le renouvellement du travail par les robots et les algorithmes, la blockchain qui contourne les intermĂ©diaires de confiance et l’immense champ de donnĂ©es ouvert par l’internet des objets. Et enfin l’augmentation du nombre de personnes connectĂ©es sur notre planĂšte grĂące aux satellites qui leur serviront d’antennes relais Ă  trĂšs bas coĂ»t.

La nature technologique de ce changement n’est pas seule en cause pour parler de rĂ©volution. La rapiditĂ© de son expansion dans le temps et l’espace et le fait que le numĂ©rique et le changement de sociĂ©tĂ© se stimulent et s’influencent mutuellement justifient de le qualifier de changement organique de la sociĂ©tĂ©.

Nous constatons les changements quand il se sont produits. Tellement accaparants, qu’ils peinent Ă  nous rendre conscients de la rĂ©volution que nous vivons. Ils nous apparaissent trop Ă©parpillĂ©s pour que nous puissions en saisir la logique.

Le mieux que nous puissions faire c’est d’en prendre conscience, d’en questionner leur signification et de tenter d’en pressentir le sens et la cohĂ©rence. Ce qui nous permettrait de bricoler des hypothĂšses, mais seulement des hypothĂšses, pour notre avenir Ă  trĂšs court terme. Ne parlons pas du reste !

 

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Plus loin avec le numérique ?

Plus loin avec le numérique ?

Depuis quelques annĂ©es maintenant nous apprenons Ă  utiliser l’internet, les messageries et d’autres applications numĂ©riques d’une maniĂšre plus fiable et plus Ă©clairĂ©e. La numĂ©risation de nos gestes quotidiens nous offre des avantages indĂ©niables et quelques inconvĂ©nients tout aussi Ă©vidents. 

Mais avons-nous conscience des consĂ©quences que ces usages, quotidiennement rĂ©pĂ©tĂ©s, multipliĂ©s par le nombre d’internautes dans le monde – dont nous faisons partie – ont pour consĂ©quence irrĂ©versible sur nos futurs modes de vie et le fonctionnement de notre sociĂ©tĂ© ? Pas seulement pour nous, Ă©goĂŻstement, mais aussi pour nos petits-enfants et au-delĂ .

Nous ne voyons souvent qu’une infime partie de ces consĂ©quences, celles les plus souvent Ă©voquĂ©es, de la publicitĂ© ciblĂ©e Ă  partir de nos requĂȘtes et du contenu de nos messageries. Ne nous mĂ©prenons pas et portons notre regard plus loin. Depuis longtemps les entreprises en technologies numĂ©riques n’en sont pas restĂ©es Ă  ce stade. MĂȘme si cela leur rapporte encore aujourd’hui une grande partie de leurs ressources. 

Nous pouvons et nous devons nous poser la question de ce que font les grands acteurs privĂ©s de nos donnĂ©es. La prise de conscience de cette question ne peut pas relever de la responsabilitĂ© exclusive des gouvernements ou des organisations internationales. Ces derniers ne pourront que freiner, Ă©ventuellement rĂ©guler et difficilement censurer ces entreprises trĂšs puissantes, parfois plus que les États eux-mĂȘmes. (CNIL et RGPD)

La prise de conscience nous appartient, Ă  nous utilisateurs quotidiens de ces technologies. C’est Ă  dire vous, moi, citoyens, pourvoyeurs, le plus souvent inconscients, de nos donnĂ©es de navigation personnelle. 

ConcrĂštement cela veut dire qu’au-delĂ  ou en mĂȘme temps que nous continuerons Ă  nous familiariser avec les usages numĂ©riques nous devons nous interroger sur les implications Ă©thiques de ces usages et prendre en compte qu’à chaque fois que nous nous connectons nos gestes et nos mots sont enregistrĂ©s, stockĂ©s et potentiellement exploitables pour des usages que nous ignorons par des entreprises trĂšs – trop ?- discrĂštes.

Cela ne veut pas dire que l’exploitation de nos donnĂ©es ne soit pas utile. Elle peut l’ĂȘtre et d’une maniĂšre trĂšs positive comme elle peut ĂȘtre tout aussi bien nĂ©faste et mĂȘme se retourner contre nos intĂ©rĂȘts et l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Le vrai problĂšme est que ces donnĂ©es sont entre les mains d’acteurs inconnus et que nous et nos institutions dĂ©mocratiques perdent la maitrise de ce qu’ils font ou feront avec les donnĂ©es privĂ©es des citoyens.

C’est Ă  nous utilisateurs et citoyens conscients des consĂ©quences Ă  moyen et long terme de nos gestes quotidiens de nous poser les questions pertinentes Ă  ce sujet. Il ne s’agit pas de ne plus utiliser internet mais de l’utiliser en conscience. Prenons un seul exemple concret : changer le moteur de recherche de votre navigateur en le remplaçant par Qwant au lieu de Google. 

Et en parler et Ă©changer entre vous tous, utilisateurs de tous ces terminaux. Savoir, autrement dit prendre conscience, renforce notre pouvoir d’adaptation Ă  l’évolution de cet environnement numĂ©rique.

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